La Chèvre Cilentana désigne trois populations caprines locales de la province de Salerne, en Campanie : la Cilentana Grigia, la Fulva et la Nera. Elles sont liées aux reliefs et aux pâturages du Cilento, mais leurs aptitudes, leur robe et leur implantation ne se confondent pas. La Grigia est notamment associée aux secteurs de basse colline et à la production laitière.
En bref
- La Cilentana est une race caprine italienne issue du Cilento, au sud de la Campanie.
- Les trois variétés de chèvre reconnues sont la Grigia, la Fulva et la Nera.
- La Cilentana Grigia est élevée surtout pour le lait et la fabrication de fromage de chèvre.
- Les effectifs enregistrés de la Grigia étaient déjà faibles en 2013, avec 134 animaux inscrits dans les données alors publiées par l’association nationale italienne des éleveurs.
- Ces populations locales participent à la biodiversité animale et au maintien de pratiques pastorales adaptées aux collines méditerranéennes.
Ce portrait traite des origines, des différences connues entre les variétés et de leur place dans l’agriculture italienne. Il ne remplace pas une sélection d’animaux pour un troupeau, qui demande d’examiner la végétation, les clôtures, l’eau disponible et l’objectif d’élevage.
Quelle est l’origine campanienne de la Chèvre Cilentana ?
L’origine campanienne de la Cilentana se situe dans le Cilento, territoire montagneux et collinaire de la province de Salerne. Cette zone comprend des vallées, des versants secs et des pâturages plus riches de basse altitude, qui ont favorisé l’apparition de types caprins adaptés à des conditions très contrastées.
La Cilentana n’est pas une race façonnée par une sélection industrielle uniforme. Elle relève plutôt d’un long travail d’élevage caprin familial, avec des troupeaux modestes conduits sur des parcours locaux. Les sources italiennes soulignent que ses origines précises restent difficiles à établir, tandis que la Grigia présente des proximités avec les races Garganica et Maltaise ainsi qu’avec d’autres chèvres grises du centre et du sud de l’Italie.
La zone historique de diffusion couvre surtout le Cilento, mais aussi les monts Alburni et les monts Picentini. Une grande partie du territoire du Cilento se trouve aujourd’hui dans le parc national du Cilento, Vallo di Diano et Alburni, ce qui rappelle le lien étroit entre cette race et les paysages agro-pastoraux de Campanie.
Cette implantation explique pourquoi il faut éviter de réduire la Cilentana à une simple chèvre de robe particulière. Son intérêt tient aussi à son adaptation historique aux ressources fourragères locales et aux déplacements sur terrains accidentés.
Quelles variétés de chèvre composent la population Cilentana ?
La dénomination Cilentana réunit trois variétés locales reconnues dans les références italiennes : Cilentana Grigia, Cilentana Fulva et Cilentana Nera. Elles partagent un ancrage territorial, mais elles se distinguent par leur couleur de robe et par leur présence dans différents types de parcours.
| Variété | Robe dominante | Milieu traditionnel signalé | Usage documenté | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Cilentana Grigia | Gris à gris noir | Basse colline et pâturages relativement productifs | Production laitière, avec valorisation possible de la viande | Population à effectifs enregistrés faibles dans les données historiques |
| Cilentana Fulva | Fauve | Cilento et zones d’élevage traditionnelles de Salerne | Race locale à vocation mixte selon les systèmes d’élevage | Les performances doivent être appréciées troupeau par troupeau |
| Cilentana Nera | Noir | Reliefs et secteurs de parcours plus difficiles | Valorisation des ressources pastorales locales | Ne pas confondre rusticité et absence de surveillance |
La Cilentana Grigia est la mieux renseignée dans les documents disponibles. Elle est décrite comme présente à plus basse altitude que la Nera, sur des pâturages plus accessibles et plus productifs. Cette différence de milieu compte davantage que la couleur de la robe lorsqu’il s’agit de comprendre les pratiques d’élevage.
Les trois variétés restent des populations locales de diffusion limitée. Elles ne doivent donc pas être comparées mécaniquement à des races laitières sélectionnées sur de grands volumes et conduites dans des systèmes intensifs.
Les archives de l’Associazione Nazionale della Pastorizia, organisme italien chargé des livres généalogiques ovins et caprins, classent la Cilentana Grigia parmi les races autochtones à diffusion limitée. Les données historiques publiées indiquaient 768 animaux enregistrés en 2008, puis 134 en 2013. Ces chiffres ne constituent pas un recensement 2026 et doivent être lus comme un signal de fragilité démographique, non comme l’effectif actuel de la race.
Comment reconnaître la Cilentana Grigia parmi les races caprines italiennes ?
La Cilentana Grigia présente une robe allant du gris au gris noir. Les références de race indiquent un format moyen, avec une hauteur au garrot d’environ 77 cm pour les mâles et 70 cm pour les femelles, ainsi qu’un poids indicatif de 70 kg pour les boucs et 50 kg pour les chèvres.
Les cornes ne sont pas présentes chez tous les animaux. Les données techniques citées pour la variété Grigia indiquent qu’environ la moitié des sujets sont cornus. La barbe est fréquente chez les mâles et également présente chez une part importante des femelles, ce qui peut aider à reconnaître le type sans suffire à identifier l’animal avec certitude.
La morphologie ne permet pas, à elle seule, de décider de l’aptitude d’une chèvre à un terrain d’entretien. Une chèvre rustique reste capable d’écorcer de jeunes arbres, de franchir une clôture mal tendue ou de consommer une plante dangereuse si le parcours a été mal préparé.
Pourquoi les cornes et la rusticité ne suffisent pas pour choisir un troupeau
Une race locale supporte souvent mieux les variations de relief et de végétation de sa région d’origine. Cela ne signifie pas qu’elle conviendrait automatiquement à une parcelle close, à une plantation récente ou à un espace recevant du public. Pour toute conduite caprine, il faut prévoir une clôture entretenue, un point d’eau contrôlé, une surveillance régulière et une solution de retrait hors saison.
La Cilentana Grigia a été développée dans un contexte pastoral campanien. La transposer hors de ce cadre demande de vérifier l’état sanitaire du troupeau, l’accès au fourrage, le transport et la compatibilité avec les végétaux présents.
Quelle place tient la production laitière dans l’élevage caprin Cilentana ?
La Cilentana Grigia est principalement associée à la production laitière. Son lait est utilisé dans des fabrications locales, notamment pour des fromages frais ou affinés, où l’alimentation au pâturage influence le profil aromatique du produit.
Dans les systèmes traditionnels, le lait ne constitue pas une matière première anonyme. Il est lié à une saison, à des parcours et à un savoir-faire de transformation. Le fromage de chèvre issu de ces troupeaux participe ainsi à l’économie rurale du Cilento, sans que cela autorise à attribuer une qualité identique à chaque élevage ou à chaque fabrication.
Les résultats laitiers dépendent de l’âge des chèvres, de la période de lactation, de l’alimentation, de la santé du troupeau et des choix de sélection. Une race ne remplace ni la ration, ni le suivi sanitaire, ni la qualité du travail de traite.
Les références descriptives de la race sont notamment reprises par Agraria.org dans sa fiche consacrée à la Cilentana Grigia, consultée en 2026. Elles confirment l’orientation laitière de cette variété et son implantation dans la province de Salerne.
Pourquoi la Chèvre Cilentana compte pour la biodiversité animale italienne ?
La conservation des races locales concerne la diversité génétique, mais aussi les pratiques qui ont permis leur maintien. Une population comme la Cilentana porte une histoire d’adaptation à des pentes, à des ressources fourragères irrégulières et à des élevages de faible taille.
La Cilentana Grigia figure dans la liste des races menacées établie par la FAO dans son état des ressources zoogénétiques mondiales publié en 2007. Cette classification historique, consultable dans le rapport de la FAO sur les ressources génétiques animales, explique l’intérêt des livres généalogiques et des programmes de conservation.
Préserver une race rare ne revient pas à la placer hors de tout usage agricole. Sa pérennité dépend au contraire d’éleveurs capables de vendre du lait, des fromages ou des animaux, tout en gardant une diversité génétique suffisante. C’est le point concret où patrimoine rural et agriculture italienne se rejoignent.
Dans quels cas cette race ne constitue pas un choix automatique ?
La Cilentana ne répond pas à tous les projets. Une personne qui cherche un fort volume laitier standardisé, un troupeau immédiatement disponible en grand nombre ou une race largement implantée loin de l’Italie devra regarder d’autres options. Les faibles effectifs historiques imposent aussi de raisonner avec prudence sur la disponibilité des reproducteurs.
Elle ne doit pas non plus être choisie sur la seule base de son intérêt patrimonial. Un élevage viable demande des bâtiments adaptés, des accès sûrs, une gestion des mises bas, une alimentation cohérente et un débouché identifié pour le lait ou les chevreaux.
La Chèvre Cilentana est-elle une seule race ou plusieurs variétés ?
La dénomination Cilentana regroupe trois variétés locales de Campanie : la Cilentana Grigia, la Cilentana Fulva et la Cilentana Nera. Elles sont rattachées au territoire du Cilento, dans la province de Salerne.
Quelle variété Cilentana est la plus associée au lait ?
La Cilentana Grigia est principalement décrite comme une chèvre destinée à la production laitière. Son lait peut être transformé en fromages locaux, selon les pratiques propres à chaque élevage.
Où se situe le berceau de la Chèvre Cilentana ?
Son berceau se trouve dans le Cilento, en Campanie méridionale, surtout dans la province de Salerne ainsi que dans les zones des monts Alburni et Picentini.
La Cilentana Grigia est-elle une race menacée ?
Les sources historiques la classent parmi les races à diffusion limitée et menacées. Les effectifs enregistrés publiés pour 2013 ne comptaient que 134 animaux, mais ce chiffre ne correspond pas à un recensement actualisé pour 2026.
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