Le calculateur convertit une parcelle et une espèce en effectif, en pression exprimée en unités de gros bétail par hectare et en date de rotation. Il retient une ingestion journalière de 2,8 % du poids vif et un prélèvement plafonné à 65 % de la ressource, pour que la parcelle reparte correctement.

L’essentiel

  • La pression en UGB par hectare compare des espèces que le nombre de têtes ne permet pas de comparer.
  • Au-delà de 3 UGB par hectare, la conduite suppose des paddocks subdivisés et une rotation, jamais une présence continue.
  • La surface à saisir est la surface réellement pâturable, pas la surface cadastrale.
  • Trois signaux imposent une sortie anticipée : herbe sous cinq centimètres, refus consommés, amaigrissement du lot.

Périmètre L’outil s’applique à des lots d’entretien en France métropolitaine, pour des ovins, caprins, équidés et bovins rustiques. Il ne dit pas quelle espèce choisir, ce que fait le sélecteur de race, ni ce que la prestation coûtera.

Calcul en UGB

Votre parcelle

En attente de vos paramètres

Renseignez la surface pâturable réelle, celle où les animaux ont accès à l’herbe, puis lancez le calcul.

Sur quoi repose ce calcul

Le chargement se calcule à partir d’un besoin et d’une offre. Le besoin d’un animal se déduit de son poids vif : un herbivore ingère chaque jour de l’ordre de 2,8 % de son poids en matière sèche, soit à peu près 1,7 kg pour une brebis de 60 kg et 14 kg pour un cheval de 500 kg. L’offre est la biomasse disponible sur la parcelle pendant la période de séjour, exprimée elle aussi en matière sèche par hectare. Le rapport des deux donne un effectif, borné par une règle de conduite : on ne prélève pas la totalité de ce qui pousse. Le calculateur retient un plafond de prélèvement de 65 %, au-delà duquel la parcelle repart mal et le lot commence à consommer des refus.

L’unité gros bétail sert à comparer des espèces qui n’ont rien de comparable à l’œil. Une brebis compte pour 0,15 UGB, une chèvre pour 0,17, un âne pour 0,60, un cheval ou une vache pour 1,00. Trente brebis et cinq chevaux exercent donc une pression voisine sur une même surface, alors que le troupeau n’a pas du tout la même allure. C’est cette pression, et non le nombre de têtes, qui détermine si la parcelle tient.

Ce que le chiffre ne dit pas

Un chargement est une moyenne sur une période. Il ne décrit ni la façon dont les animaux se répartissent, ni ce qu’ils choisissent de manger. Sur une friche, un lot de chèvres attaque d’abord les repousses tendres et les ronces jeunes, puis se tourne vers les ligneux plus durs quand il n’a plus le choix. C’est pour cette raison que la durée de séjour compte autant que l’effectif : une pression forte sur une durée courte produit un résultat homogène, une pression faible sur une durée longue laisse des zones intactes et d’autres surpâturées.

EspèceÉquivalent UGBVégétation où elle est efficaceContre-indication principale
Brebis rustique0,15Graminées, talus enherbé, repousseRoncier installé, qu’elle ne pénètre pas
Chèvre0,17Ronces, ligneux jeunes, lisièresJeunes plantations, qu’elle écorce
Âne0,60Herbe grossière, refus des autres espècesSol détrempé, écorces d’arbres isolés
Cheval de selle1,00Grandes surfaces enherbéesPâturage sélectif, zones de refus durables
Vache rustique1,00Prairies humides, grandes parcellesPortance des sols, piétinement
Un chargement calculé ne remplace pas un contrôle de la parcelle. La quantité de matière sèche réellement disponible varie avec la saison, la pluviométrie et l’historique d’entretien. Le calcul cadre une décision, l’observation de la hauteur d’herbe et de l’état corporel des animaux la corrige en cours de séjour.

Quand faut-il sortir le lot

La date rendue par le calcul est une échéance théorique, à confirmer sur place. Trois signaux imposent une sortie anticipée. La hauteur d’herbe descendue sous cinq centimètres sur la majeure partie de la parcelle indique que la ressource est consommée et que la repousse sera lente. L’apparition de refus consommés — orties, chardons montés, ligneux durs — signale que les animaux mangent ce qu’ils évitaient jusque-là, faute de mieux. L’amaigrissement visible d’une partie du lot est le signal le plus tardif, et le plus coûteux à rattraper.

À l’inverse, une parcelle encore fournie à l’échéance prévue signifie que la ressource avait été sous-estimée. Prolonger le séjour est possible, mais impose de vérifier que l’eau reste disponible et que la clôture n’a pas été sollicitée au point de céder. Dans tous les cas, la surveillance, l’abreuvement, l’entretien du filet et le retrait hivernal restent à la charge de quelqu’un, et cette charge s’écrit dans le contrat avant la mise à l’herbe.

Utiliser ce calcul dans un dossier technique

Pour une réponse à un cahier des charges, la pression en UGB par hectare est la valeur que l’acheteur sait comparer entre deux offres. Indiquez-la accompagnée de la durée de séjour, de la période de l’année et de la végétation observée, sinon elle ne veut rien dire. Un chargement de 0,4 UGB par hectare en avril sur une prairie de fond de vallée et le même chiffre en août sur un coteau sec décrivent deux conduites de troupeau opposées.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une UGB, exactement ?

L’unité gros bétail est une unité de conduite qui ramène des espèces différentes à une base commune, calée sur les besoins d’une vache adulte. Elle permet de comparer la pression exercée par trente brebis et par cinq chevaux sur une même parcelle, ce que le nombre de têtes ne permet pas.

Pourquoi le calcul plafonne-t-il le prélèvement à 65 % ?

Parce qu’une parcelle prélevée à fond repart mal et met plusieurs semaines de plus à se refaire. Le plafond garde une réserve pour la repousse et évite que le lot ne bascule sur des refus, ce qui dégrade à la fois le résultat d’entretien et l’état des animaux.

Peut-on mélanger deux espèces sur la même parcelle ?

Oui, et c’est souvent ce qui donne le meilleur résultat d’entretien, les brebis travaillant l’herbe pendant que les chèvres attaquent le ligneux. Additionnez alors les UGB de chaque lot pour vérifier la pression totale, et tenez compte de la contre-indication la plus stricte des deux espèces.

Le calcul vaut-il pour une parcelle en pente ?

Il donne un ordre de grandeur, mais la surface réellement pâturable d’un terrain en pente forte est inférieure à sa surface cadastrale : les animaux délaissent les zones les plus raides. Retirez-les de la surface saisie plutôt que de corriger le résultat après coup.

Où trouver des références de chargement fiables ?

Les publications techniques de l’Institut de l’Élevage font référence en France pour la conduite ovine et caprine, et les chambres d’agriculture publient des références régionales. Ce sont des ordres de grandeur, pas des barèmes : la parcelle réelle reste l’arbitre.

Références d’ingestion et d’équivalence UGB reprises des publications techniques de l’Institut de l’Élevage (idele.fr) et des références régionales publiées par les chambres d’agriculture (chambres-agriculture.fr), consultées en août 2026. Les valeurs de biomasse par hectare sont des ordres de grandeur de conduite, dépendants de la végétation réelle de la parcelle ; elles ne se substituent pas à une visite. Mise à jour de la page : 26/08/2026.

Journal de mise à jour

  • — Mise en ligne du calculateur, avec le garde-fou de densité au-delà de 3 UGB par hectare.