Six questions sur la végétation, la pente, la fréquentation, l’hivernage, les plantations et la surface suffisent à écarter les races inadaptées. L’outil rend deux à trois propositions et, pour chacune, la contre-indication principale. C’est cette seconde moitié qui évite les dégâts sur les plantations récentes.

L’essentiel

  • Une contre-indication écarte une race, elle ne la déclasse pas : les dégâts sur des plants récents sont irréversibles.
  • Le mouton d’Ouessant entretient une pelouse, il ne débroussaille pas un roncier.
  • Plusieurs races citées sont des races locales à effectif limité : vérifiez la disponibilité auprès des prestataires du secteur.
  • Une exigence fonctionnelle vaut mieux qu’un nom de race dans un cahier des charges.

Périmètre L’outil couvre des races d’entretien utilisées en France métropolitaine. Il ne porte aucun avis sur la santé des animaux, qui relève du vétérinaire, et ne dimensionne pas le lot, ce que fait le calculateur de chargement.

6 questions

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Décrivez votre parcelle ci-dessus. Le résultat s’affiche ici, avec la contre-indication de chaque race proposée.

Ce que la race change, et ce qu’elle ne change pas

Le choix d’espèce pèse davantage que le choix de race. Un ovin travaille l’herbe et les repousses tendres, un caprin attaque le ligneux et les ronces, un équidé consomme la végétation grossière sur de grandes surfaces. Aucune race ne fait sortir un animal de son régime. La race intervient ensuite, sur trois points : la rusticité, c’est-à-dire la capacité à rester dehors sans complément alimentaire, l’aptitude au terrain difficile, et le comportement vis-à-vis des clôtures et des écorces.

Ce que la race ne change jamais, c’est la charge de conduite. Quelle que soit la race, quelqu’un contrôle l’eau, la tension de la clôture et l’état corporel des animaux à une fréquence écrite. Le retrait hivernal et la solution de repli en cas d’incident restent dus. Une race rustique réduit l’alimentation d’appoint, elle ne supprime pas la surveillance.

Croisement race, végétation et contre-indication

RaceEspèceVégétation où elle est efficaceContre-indication principale
Mouton d’Ouessantovinpelouse ou talus enherbé, prairie, herbe hauteEffectif rapidement insuffisant au-delà d’un hectare de végétation dense : la race convient aux petites surfaces enherbées, pas au débroussaillage.
Mouton solognotovinprairie, herbe haute, friche, ronces jeunesN’entame pas un roncier installé : il faut une ouverture mécanique ou un lot de chèvres avant de la faire intervenir.
Mouton des Landes de Bretagneovinprairie, herbe haute, friche, ronces jeunes, sous-bois, lisièreCaractère vif et bonne aptitude à franchir : la clôture doit être tenue et contrôlée, ce qui augmente la charge de surveillance.
Mouton Shropshireovinpelouse ou talus enherbé, prairie, herbe hauteLa tolérance envers les plantations n’est pas une garantie : elle se vérifie parcelle par parcelle, protections en place la première saison.
Chèvre des Fosséscaprinfriche, ronces jeunes, ronciers installés, sous-bois, lisièreÉcorce les jeunes arbres et les haies récentes. À proscrire sur toute parcelle plantée dans les trois dernières années sans protection individuelle.
Chèvre nainecaprinfriche, ronces jeunes, sous-bois, lisièreÉcorce également les plantations, et son petit gabarit franchit ou passe sous une clôture mal tendue. Hivernage sur site rarement possible sans abri fermé.
Âne communéquidéprairie, herbe hauteÉcorce les arbres isolés et supporte mal les sols détrempés ; l’effectif minimal en groupe rend la solution inadaptée aux petites parcelles.
La présence de jeunes plantations est le critère le plus souvent négligé. Des chèvres lâchées sur une parcelle plantée l’année précédente écorcent les tiges en une nuit, et les dégâts sont irréversibles. Le sélecteur les écarte automatiquement, mais un lot mixte livré par un prestataire peut en contenir : faites préciser la composition exacte du lot dans le contrat.

Mélanger deux espèces

La combinaison la plus productive en entretien associe des caprins, qui ouvrent le ligneux, et des ovins, qui entretiennent l’herbe derrière eux. Elle impose deux vérifications. La première porte sur la clôture, qui doit satisfaire la contrainte la plus stricte des deux espèces : une chèvre passe là où une brebis reste. La seconde porte sur les contre-indications, qui s’additionnent au lieu de se compenser. Une parcelle plantée reste interdite au lot mixte dès lors qu’il contient des caprins.

La conduite en deux temps est souvent préférable au lot mixte permanent : un passage caprin court pour ouvrir, puis un lot ovin pour la saison. Elle coûte un transport de plus et simplifie tout le reste, à commencer par le dimensionnement de la clôture.

Vérifier la disponibilité réelle avant de choisir

Plusieurs races citées ici sont des races locales à effectif limité. Retenir une race sur le papier sans vérifier qu’un prestataire de votre secteur en dispose conduit à réécrire le cahier des charges après la consultation. Formulez plutôt une exigence fonctionnelle — rusticité, aptitude au terrain, absence d’écorçage — et laissez le prestataire proposer la race qu’il conduit réellement. Un cahier des charges qui impose une race précise sans nécessité technique restreint la concurrence sans améliorer le résultat.

Questions fréquentes

Pourquoi le sélecteur écarte-t-il des races au lieu de les classer plus bas ?

Parce qu’une contre-indication n’est pas un défaut relatif. Des chèvres sur une parcelle plantée récemment produisent des dégâts irréversibles, quel que soit leur score sur les autres critères. Un classement laisserait croire qu’un bon résultat ailleurs rachète le risque.

Le mouton d’Ouessant convient-il pour débroussailler ?

Non. Sa très petite taille en fait un bon entretien de pelouse ou de talus enherbé sur de petites surfaces, pas un outil de débroussaillage. Sur une friche à ronces, l’effectif nécessaire devient irréaliste et le résultat décevant.

Une race rustique dispense-t-elle de l’alimentation d’appoint ?

Elle la réduit fortement en saison de pousse, sans la supprimer. Dès que la ressource de la parcelle s’épuise, en fin d’été ou en hiver, un complément devient nécessaire, sauf à retirer le lot. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’hivernage sur site se décide avant la mise à l’herbe, pas en novembre.

Faut-il imposer une race dans un cahier des charges ?

Rarement. Une exigence fonctionnelle — animaux rustiques, aptes au terrain, sans écorçage sur les plantations existantes — laisse le prestataire proposer ce qu’il conduit vraiment, sans restreindre la concurrence. Le site explique un cahier des charges, il ne dit pas à un acheteur public ce qu’il a le droit d’y écrire.

Où vérifier les caractéristiques d’une race ?

Les publications techniques de l’Institut de l’Élevage et les organismes de sélection des races locales publient les standards et les aptitudes. Les descriptions de cette page sont des ordres de grandeur d’aptitude, à confronter avec ce que le prestataire observe sur ses propres animaux.

Aptitudes et contre-indications de races établies à partir des publications techniques de l’Institut de l’Élevage (idele.fr) et des références des chambres d’agriculture (chambres-agriculture.fr), consultées en août 2026. Ce sont des ordres de grandeur d’aptitude, non un standard de race ni un avis vétérinaire : la santé du troupeau relève du vétérinaire. Mise à jour de la page : 26/08/2026.

Journal de mise à jour

  • — Mise en ligne du sélecteur, contre-indications traitées comme éliminatoires.