La Chèvre Bermeya est une race caprine originaire des Asturies, façonnée par les pentes rocheuses, le froid et les précipitations du versant cantabrique. Sa robe rousse, ses aplombs solides et sa capacité à exploiter des parcours difficiles expliquent sa rusticité. Elle reste toutefois une race menacée, suivie par un livre généalogique.
En bref
- La Bermeya appartient au patrimoine animal des Asturies, au même titre que la vache Casina, le poney Asturcón ou la brebis Xalda.
- Sa robe rougeâtre lui vaut les noms de cabra bermeja et de cabra rubia chez les éleveurs espagnols.
- Son adaptation aux reliefs humides et froids repose sur des onglons résistants, des membres solides et un élevage extensif de montagne.
- La race présente deux ensembles morphologiques, avec des animaux généralement plus petits à l’ouest des Asturies qu’à l’est.
- La conservation de cette population soutient la biodiversité locale, les pratiques pastorales et une production de chevreaux liée au territoire.
Ce portrait porte sur les caractéristiques historiques et zootechniques de la Bermeya. Il ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire, ni l’étude d’un système d’élevage, d’une production fromagère ou d’un projet de pâturage sur une parcelle donnée.
Les origines asturiennes de la Chèvre Bermeya
La Chèvre Bermeya est une race caprine autochtone du Principat des Asturies, dans le nord-ouest de l’Espagne. Elle a longtemps occupé les zones montagneuses du sud de la région, là où les sols minces, les versants raides et les pluies régulières limitent les cultures.
Le mot « Bermeya » renvoie à la tonalité rouge ou rousse de sa robe. Cette couleur explique aussi l’appellation populaire de chèvre rubia. La fédération espagnole des races autochtones la rattache à une population caprine ancienne de la corniche cantabrique, sans qu’une filiation unique soit établie avec certitude. La fiche de race publiée par RFEAGAS, consultée en 2026, rappelle que certains caractères, notamment la forme des cornes, ont alimenté des hypothèses de parenté avec des populations méditerranéennes anciennes.
Son histoire reste d’abord celle de l’élevage traditionnel. Les troupeaux étaient conduits sur des parcours où l’herbe alterne avec les ligneux, les landes et les secteurs rocheux. Dans ce cadre, la chèvre ne choisit pas un milieu facile. Elle utilise ce que le relief laisse disponible.
Une race conservée par les éleveurs asturiens
La diminution du pastoralisme de montagne a réduit les effectifs de nombreuses races locales espagnoles au cours du XXe siècle. La Bermeya fait partie des populations classées en danger d’extinction dans les dispositifs espagnols de conservation des races autochtones.
L’Asociación de Criadores de Cabra Bermeya, créée en 1988, gère le livre généalogique et organise des actions de valorisation de la race. Ce travail de sélection ne vise pas à transformer la Bermeya en chèvre standardisée. Il sert à maintenir des animaux adaptés à leurs montagnes d’origine.
La conservation d’une race ne se résume pas à conserver quelques reproducteurs. Elle dépend aussi du maintien de troupeaux actifs, de débouchés agricoles et de parcours encore praticables.

Quels caractères expliquent la rusticité de la Chèvre Bermeya
La rusticité de la Bermeya vient de plusieurs générations élevées dans un environnement contraignant. Les animaux ont été sélectionnés dans des secteurs où les déplacements quotidiens imposent de franchir des pierres, des pentes et des sols humides, parfois froids durant une grande partie de l’année.
Ses pattes arrière robustes et ses onglons résistants sont des caractères utiles sur terrain accidenté. Ils ne dispensent pas d’un suivi sanitaire des pieds, d’une alimentation suffisante, d’eau propre, d’un abri et d’une surveillance quotidienne. Une chèvre de montagne reste un animal domestique placé sous la responsabilité de son détenteur.
| Caractère observé | Intérêt dans les montagnes asturiennes | Limite à ne pas oublier |
|---|---|---|
| Robe rousse à rougeâtre | Caractère visuel distinctif à l’origine du nom Bermeya | La couleur n’indique ni la productivité ni l’état sanitaire |
| Membres solides | Déplacements sur pentes, rochers et chemins irréguliers | Les onglons demandent tout de même une surveillance régulière |
| Format variable selon les zones | Adaptation environnementale aux contrastes entre ouest et est asturiens | La taille ne suffit pas à choisir un reproducteur |
| Valorisation des parcours | Utilisation de végétations variées dans un système extensif | Les plantes toxiques et le manque d’eau restent des risques réels |
| Résistance au climat local | Bonne tenue dans un contexte humide, frais et montagneux | Elle ne garantit pas une adaptation automatique à tous les climats |
La résistance ne signifie donc pas absence de conduite. Une race habituée aux Asturies ne sera pas automatiquement à l’aise dans une plaine sèche, un bâtiment mal ventilé ou un enclos pauvre en fourrage.
Deux types régionaux entre l’ouest et l’est des Asturies
Les éleveurs distinguent traditionnellement des Bermeya plus petites dans l’ouest asturien et des animaux plus développés vers l’est. Cette différence s’explique notamment par l’orographie, les ressources fourragères disponibles et l’isolement relatif des troupeaux de montagne.
Il ne faut pas lire cette variation comme une opposition entre deux races. Il s’agit plutôt d’une diversité interne, précieuse pour la conservation. Une population locale garde de la valeur lorsqu’elle conserve plusieurs aptitudes et plusieurs formats adaptés aux territoires où elle s’est construite.
Cette diversité rappelle celle d’autres chèvres régionales de la péninsule Ibérique, comme la chèvre Verata d’Estrémadure, elle aussi liée à un territoire, à des pratiques pastorales et à une sélection de longue durée.
Comment l’élevage traditionnel a façonné son adaptation environnementale
Dans les montagnes asturiennes, les caprins ont longtemps eu une fonction précise. Ils valorisaient des surfaces difficiles à mécaniser, produisaient du lait, de la viande et du fumier, tout en participant à l’entretien des espaces pastoraux. La Bermeya s’inscrit dans cette logique de troupeau mobile et de ressources saisonnières.
Son comportement de chèvre lui permet d’explorer des végétations diversifiées, y compris des zones plus embroussaillées qu’une prairie de fauche. Cela ne permet pas d’affirmer qu’elle règle seule la fermeture d’un milieu. Sur une parcelle entretenue par des animaux, il faut prévoir une charge adaptée, un point d’eau, une clôture suivie et un retrait du troupeau lorsque les ressources diminuent.
- Les pentes rocheuses demandent des animaux capables de circuler sans s’épuiser inutilement.
- Les pluies fréquentes imposent des zones de repos sèches et un contrôle des onglons.
- Les parcours hétérogènes favorisent une alimentation variée, mais exigent une vigilance sur les végétaux toxiques.
- Les naissances et les périodes de lactation nécessitent une ressource alimentaire plus régulière que celle d’un parcours pauvre.
Cette conduite extensive peut contribuer au maintien de milieux ouverts lorsque le chargement reste cohérent avec la ressource disponible. Le résultat dépend du calendrier de pâturage, de la végétation et des objectifs fixés, pas du seul nom de la race.
La Chèvre Bermeya est-elle orientée vers le lait ou la viande
La Bermeya n’a pas été sélectionnée comme une grande race laitière spécialisée. Elle est liée à des systèmes polyvalents de montagne, avec une valorisation possible des chevreaux et du lait selon les exploitations. Sa production fromagère existe dans des contextes artisanaux, mais les volumes attendus ne doivent pas être comparés sans précaution à ceux de races sélectionnées depuis longtemps pour le rendement laitier.
Le chevreau bermeyu bénéficie d’un intérêt gastronomique croissant dans les Asturies. Cette valorisation peut soutenir la conservation, à condition que le prix payé couvre réellement le coût de l’élevage, de l’alimentation hivernale, du suivi sanitaire et du renouvellement des animaux.
La viande est souvent décrite comme plus maigre et plus musclée que celle issue de systèmes très intensifs. Cette caractéristique dépend toutefois de plusieurs facteurs, dont l’âge à l’abattage, le sexe, l’alimentation et l’exercice lié au parcours. Une race ne permet pas, à elle seule, de garantir un résultat identique d’un élevage à l’autre.
Une comparaison utile avec les races laitières spécialisées
Pour une recherche axée sur le lait, la sélection génétique, la ration et le débouché fromager comptent autant que la race. La chèvre Oberhasli orientée vers le lait illustre un autre modèle, davantage associé à des objectifs laitiers structurés.
La Bermeya répond à une autre logique. Son intérêt se trouve dans l’association entre aptitude au parcours, identité territoriale et maintien d’un patrimoine vivant. Choisir une race locale pour ses seules performances chiffrées ferait perdre le sens de son adaptation au territoire.
Quel rôle la Bermeya peut-elle jouer pour la biodiversité locale
Le maintien de troupeaux sur les parcours de montagne peut limiter l’accumulation de végétation herbacée et ligneuse dans certains secteurs. Cet effet dépend de la pression de pâturage, de la saison, de la surface réellement accessible et des espèces végétales présentes. Il doit être mesuré sur le terrain, par exemple avec des relevés de couverture végétale ou de hauteur d’herbe, avant d’être présenté comme un bénéfice établi.
Dans les Asturies, la Chèvre Bermeya fait partie d’un ensemble de races domestiques locales dont la disparition réduirait la diversité génétique et culturelle régionale. Le Gochu Asturcelta, la Pita Pinta, les vaches asturiennes et le poney Asturcón racontent la même relation entre production, relief et savoir-faire rural.
Pour un gestionnaire d’espace, l’usage de chèvres doit rester encadré. Les jeunes plantations, les haies récemment installées et certains arbres à écorce fragile doivent être protégés. Une parcelle sans accès, sans eau ou contenant des végétaux toxiques non maîtrisés ne constitue pas un terrain adapté, même avec une race réputée résistante.
Pourquoi la conservation de la race Bermeya dépasse le seul patrimoine agricole
Une population animale locale porte des gènes adaptés à un environnement précis. Dans le cas de la Bermeya, cette mémoire biologique est liée aux montagnes humides de la cordillère Cantabrique, à la marche sur des sols irréguliers et à la valorisation de ressources fourragères dispersées.
Le livre généalogique, les concours d’élevage et les actions de promotion servent à donner une continuité économique à cette conservation. Sans éleveurs, sans chevreaux valorisés et sans consommateurs attentifs à l’origine des produits, une race menacée ne se maintient pas durablement.
Avant de rechercher des animaux de race Bermeya, vérifiez l’origine des reproducteurs, l’inscription au livre généalogique, les conditions de transport et la capacité réelle de votre terrain à fournir eau, clôture, abri et fourrage en période défavorable.
D’où vient la Chèvre Bermeya ?
La Chèvre Bermeya est une race caprine autochtone des Asturies, dans le nord de l’Espagne. Elle est surtout associée aux secteurs montagneux du sud de la région, marqués par des pentes, des rochers et un climat humide.
Pourquoi la Chèvre Bermeya est-elle appelée chèvre rubia ?
Sa robe présente une coloration rousse à rougeâtre. Le terme Bermeya renvoie à cette teinte, tandis que cabra rubia signifie chèvre blonde ou rousse dans l’usage local.
La Chèvre Bermeya est-elle une bonne race laitière ?
Elle peut produire du lait dans des systèmes artisanaux, mais elle n’est pas une race sélectionnée avant tout pour de hauts rendements laitiers. Elle est davantage reconnue pour sa rusticité, son aptitude au parcours et son lien avec le territoire asturien.
La Bermeya convient-elle à tous les terrains difficiles ?
Non. Son adaptation aux montagnes asturiennes ne dispense pas de prévoir une clôture entretenue, de l’eau, un abri, une alimentation suffisante et une surveillance. Les jeunes plantations, les végétaux toxiques et les parcelles sans accès restent des contre-indications sérieuses.
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